Original: https://fetlife.com/users/5413261/posts/6851675 (Master Arden, 10.01.2021)
Les gens sont à la fois attirés de manière obsessionnelle et repoussés de manière dégoûtante par le BDSM qui implique que le soumis se sente humilié, honteux, embarrassé, dénigré, dégradé, objectivé, etc… alors même que c’est une pratique courante.
Puisqu’il n’y a pas de terme générique universellement accepté pour ces activités et que les participants sont extrêmement divers, la façon la plus simple de les classer est de regarder l’OBJECTIF de l’activité, plutôt que l’activité elle-même.
Les deux objectifs principaux, qui se chevauchent, de ces activités sont :
le sadomasochisme émotionnel : soumettre le soumis à une douleur mentale et émotionnelle, par l’humiliation, la honte et l’embarras, pour son plaisir en lui-même, ou pour plaire et servir un dominant, ce qui est tout aussi courant dans les scènes BDSM que dans les relations D/s.
La dégradation et l’objectivation : Pour réduire l’autonomie et l’autodétermination, le libre arbitre et l’intégrité des frontières du soumis, peut-être même au point de devenir un objet interchangeable avec d’autres objets et appartenant au Dominant ou au Maître, ce qui est plus courant dans une relation D/s qu’au cours d’une scène de jeu, car il faut du temps pour développer ses connaissances, la confiance et suivre un entrainement comportemental. Cependant, la plupart des activités qui produisent une douleur émotionnelle peuvent être utilisées pour objectiver, et les activités pour établir l’objectivation infligent souvent une douleur émotionnelle.
Table des matières:
Masochismes émotionnels : humiliation, honte, embarras
Dégradation et objectivation : Dégradation, objectivation, processus d’objectivation, avantages de l’objectivation et avantages du non-soi
Approches principales
Considérations importantes
Pourquoi les gens le font
Conclusion
1. Sadomasochisme émotionnel (EMS)
Les études scientifiques ont longtemps considérée comme équivalente la douleur sociale et la douleur physique [x208] [x209]. Les neurosciences cognitives font une distinction entre l’humiliation, qui est une gêne momentanée, et la honte, qui est un vrai sentiment de n’être pas soi-même à la hauteur :
Les études sur l’humiliation consistent par exemple à faire chanter les gens au karaoké puis à rejouer leur enregistrement sans la piste d’accompagnement, ce qui les fait assurément rougir,
Les études sur la honte incluent des choses comme le fait de faire écouter aux cobayes sous IRMf des critiques de leurs proches, où les personnes ayant un historique honteux important (par exemple la critique parentale) montrent une réactivité plus élevée dans les régions du cerveau liées aux émotions tandis que leur cortex préfrontal s’éteint [x326],
L’embarras, tel que nous l’utilisons dans cet article, désignera soit l’humiliation, soit la honte, parfois en public ou devant un public.
1.1 Humiliation
Humilier : causer à (une personne) une perte douloureuse de fierté, de respect de soi ou de dignité [x297]
L’humiliation est une forme de masochisme émotionnel (“perte douloureuse”) qui nécessite de trouver les sources de fierté, de respect de soi et de dignité du soumis, afin qu’elles puissent lui être enlevées. Par conséquent, le dominant a besoin de comprendre ce qui motive le soumis, y compris ses peurs et ses haines, ses rêves et ses désirs, ses valeurs et ses croyances, etc…
Humilier : réduire (quelqu’un) à une position inférieure à ses propres yeux ou aux yeux des autres [x297]
Dans le même temps, l’humiliation peut être utilisée pour l’objectivation car elle entraîne une réduction de son estime de soi.
Note, les définitions françaises sont:
Humilier (Petit Robert): 1. Rendre humble (vieux ou Religion)
2. Rabaisser d’une manière insultante
3. (sujet : chose) Faire honte à (quelqu’un)
Humilier (Larousse): Atteindre quelqu’un dans son amour-propre, sa fierté, sa dignité, en cherchant à le déprécier dans l’esprit d’autrui ou à ses propres yeux
Troubles cognitifs : l’humiliation peut altérer les fonctions cognitives, entraînant encore plus d’humiliation. Ainsi, un échec ultérieur peut entraîner une incapacité à faire des choses simples en raison de l’hypofrontalité induite par le stress. Exemples:
après une tâche cognitive difficile, les gens réussissent mal une tâche cognitive facile, ce qui est associée à une diminution du contrôle préfrontal des régions cérébrales associées aux émotions comme l’amygdale [x327].
Le stress induit une hypofrontalité mesurée par les augmentations alpha EEG et les diminutions gamma [x328].
L’hypofrontalité induite par le stress fonctionne également chez les animaux [x329].
Les « patients difficiles » qui stressent leurs médecins peuvent altérer la capacité de diagnostic de ces derniers [x330].
1.2 Honte
Honte : émotion douloureuse causée par la conscience d’une culpabilité, d’une lacune ou d’une irrégularité [x297]
Pour provoquer une douleur émotionnelle par la honte, il faut amener le soumis à prendre CONSCIENCE de sa culpabilité pour quelque chose qu’il a fait, ou qu’on lui fait faire, qu’IL considère comme inapproprié ou déshonorant. Il est difficile de comprendre ce qui causera spécifiquement le type et le niveau de honte recherchés.
Cependant, il faudra une étape supplémentaire pour relier la honte à la perte d’estime de soi dans une optique de dégradation et d’objectivation [du soumis].
Note, les définitions françaises sont:
Honte (Petit Robert): 1. Déshonneur humiliant
2. Sentiment pénible d’infériorité ou d’humiliation devant autrui
Honte (Larousse): 1. Sentiment d’abaissement, d’humiliation qui résulte d’une atteinte à l’honneur, à la dignité
2. Sentiment d’avoir commis une action indigne de soi, ou crainte d’avoir à subir le jugement défavorabled’autrui
3. Sentiment de gêne dû à la timidité, à la réserve naturelle, au manque d’assurance, à la crainte du ridicule etc… qui empêche de manifester ouvertement ses réactions, sa manière de penser ou de sentir
1.3 Gène
Embarrasser : Faire en sorte que quelqu’un se sente confus et stupide devant d’autres personnes [x297]
Alors que la honte est généralement associée à des situations plus personnelles et plus graves, et plus douloureuses, la gêne est de nature sociale et nécessite donc un public. Par exemple, aller à un rendez-vous avec des épinards coincés dans les dents est gênant, mais ce ne le serait pas si vous restiez à la maison et que personne ne le voyait.
Ainsi, pour provoquer une détresse émotionnelle, le dominant doit faire en sorte que le soumis se sente confus ou idiot devant les autres. Être humilié ou avoir honte devant un public causera également de l’embarras, même pour l’exhibitionniste le plus ardent.
Cependant, pour en faire une objectivation, il faut lier la gène à une perte de valeur sociale de soi. Les affichages publics où le soumis sent qu’il a augmenté son statut social ou sa désirabilité, au lieu d’être dégradé, est particulièrement contre-productif dans une optique d’objectivation.
Note, les définitions françaises sont:
Gêne (Petit Robert): 1. Torture (vieux)
2.1 Malaise ou trouble physique
2.2 Situation de contrainte, imposant un désagrément
2.3 Impression désagréable que l’on éprouve devant qqn quand on se sent mal à l’aise
embarrasser: 1. Gêner dans les mouvements
2. Encombrer (qqn) de sa présence
3. Mettre dans une position difficile
4. Rendre hésitant, perplexe
Gêne (Larousse): 1. Etat ou sensation de malaise physique, de peine, de trouble de difficulté éprouvés dans certaines actions ou fonctions
2. Désagrément, charge imposés par quelqu’un, quelque chose
5. Impression désagréable, embarras, trouble, malaise moral, confusion de quelqu’un dans la situation où il est placé
1.4 Réponses possibles du soumis/bottom
Bien que le but du sadisme émotionnel soit de causer de la souffrance et de la détresse au soumis, il peut susciter une grande variété de réponses chez le soumis/bottom, en fonction d’un grand nombre de facteurs. Ce sont, en fait, ces réponses poussées à l’extrême, qui aident à faire passer le SM émotionnel à la Dégradation et, éventuellement, à l’Objectification :
FUIRE/FAIRE FACE: La détresse se manifeste le plus souvent par la fuite. Cependant, comme cette option est en pratique souvent rendue impossible [en BDSM], la réponse se manifeste souvent par un malaise et se transforme en inquiétude, peur, terreur, et se termine souvent par la colère et la riposte. Cela crée une amplification du différentiel de pouvoir [D/s].
SIDERATION: La détresse provoque un arrêt, ou une sidération, soit dès le départ et devenant de plus en plus importante au cours de la scène, soit après que le mécanisme de combat/fuite s’est joué dans des scènes d’intensité plus élevée. Du point de vue traditionnel d’un dominant, la sidération n’est pas épanouissante pour le SM émotionnel, il est donc souvent préférable de l’éviter en le signalant au cours de la négociation avant la scène ou bien de s’entrainer pour obtenir une réponse différente. De plus, bien que le BDSM ne nécessite pas de consentement pour continuer, un bottom/soumis sans réaction diminue le différentiel de pouvoir en cours et, comme ils ne peuvent plus fournir autant de commentaires verbaux ou non verbaux, cela peut les rendre plus difficiles à gérer.
EXCITATION MALTRIBUÉE ???? : La détresse qui rend confus et combine ainsi la peur, la colère, la confusion, etc. avec l’excitation sexuelle peut être un outil formidable pour pousser le SM émotionnel vers une autre voie. Un soumis/bottom en détresse mais excité non seulement amplifie le Différentiel de Pouvoir, mais peut rendre le Dominant de plus en plus désirable sexuellement malgré le fait qu’il traite le soumis/bottom d’une manière de plus en plus dure.
FAWNING ??? : Lorsque la détresse amène le soumis/bottom à demander l’approbation, en particulier lorsque de plus en plus d’approbation est recherchée, plus le traitement devient dur, cela peut conduire aux scènes les plus intenses car le différentiel de puissance est amplifié.
1.5 Au delà des scènes
Le sadomasochisme émotionnel peut être mis en œuvre dans les relations D/s et M/s et utilisé par le Dominant à tout moment, comme et quand il le souhaite ou le juge approprié (ou tel que négocié). Pour que l’EMS soit efficace, le Dominant doit investir le temps et la formation appropriés. Les méthodes et exemples incluent :
Les protocoles et les règles peuvent être imprégnés de l’EMS, ainsi que les interactions et des commandes de la vie quotidienne, omniprésentes dans la plupart sinon toutes les interactions, et de bien d’autres façons,
Faire en sorte que le soumis se sente "inférieur" jusqu’à maximiser l’inégalité [D/s],
Les concepts tels que leur faire "me vouloir plus que je ne te veux", "constamment désespéré de moi mais je suis incohérent et négligent" et "secondaire, mais je suis ton principal",
Maintenir et exercer le droit de premier refus pour les événements sociaux, comme accompagner ma propriété dans des fonctions "de couple", mais inviter souvent d’autres amis ou partenaires à des fonctions similaires au lieu de ma propriété,
L’ignorer pendant plusieurs jours d’affilé alors qu’il m’envoie des messages de plus en plus désespérés pour attirer mon attention.
2. Dégradation & objectification
2.1 Généralités
À certains égards, le masochisme émotionnel est le premier pas vers la dégradation et l’objectification, car réduire véritablement un soumis de manière significative entraînera souvent un certain niveau de douleur émotionnelle, mais certains facteurs deviennent beaucoup plus importants.
Transfert d’autorité (AT) : Tout le BDSM nécessite un transfert d’autorité (AT), qui crée intrinsèquement une inégalité car le soumis a donné un consentement immuable et ne peut plus unilatéralement dire "non" et retirer son consentement. Tout ce que le soumis accepte d’abandonner est activement transféré au dominant sous forme de pouvoir et de contrôle [sur le soumis]. Ainsi, le soumis est, par essence, "réduit" en proportion directe de la montée en puissance du pouvoir du Dominant. Le but de l’objectivation est de maximiser la réduction de l’autorité propre des soumis.
Amélioration : Il est important de savoir que les soumis qui veulent ce genre d’activité VEULENT que le Dominant soit meilleur – plus puissant, plus compétent et plus précieux – qu’eux, le soumis, ne l’est. Par conséquent, dégrader un soumis améliore l’échange de pouvoir [la relation D/s].
Participation active : Dans la plupart des cas, pour que les soumis soient conduits à et soient comblés par la dégradation et l’objectivation, ceux-ci doivent participer activement à l’abandon de leur droit sur eux-mêmes. "Agir" simplement comme un objet n’est pas une objectivation, c’est un jeu de rôle. Par conséquent, pourquoi une réponse "SIDERATION" ou "ARRÊT" n’est généralement pas souhaitée.
2.2 Dégradation
Dégrader : réduire la valeur, le caractère, etc. [x297]
La dégradation est émotionnellement douloureuse, mais elle réduit automatiquement le soumis et le met donc sur la voie de l’objectivation. Le mot "dégradation" a généralement une connotation négative. Mais dans le BDSM, être réduit ou devenir "moins que" peut non seulement être une expérience merveilleuse, mais c’est l’essence même de l’échange de pouvoir.
Il y a plusieurs façons de dégrader un soumis. Souvent, il s’agit de changer leur point de vue, par exemple :
Leurs besoins et leurs désirs n’ont plus d’importance,
Leur seul désir sera maintenant de plaire et d’élever le dominant.
Cela peut être lié à une activité BDSM, par exemple :
Dans la servitude, le libre arbitre du soumis peut être retiré,
Dans les jeux d’impact, l’endurance du soumis peut être brisée,
Dans la relation D/s, le statut social du soumis peut être réduit.
Note, les définitions françaises ont:
Dégrader (Petit Robert): 1. Destituer (qqn) d’une manière infamante de sa dignité, de son grade
2. Faire perdre sa dignité, son honneur à (qqn) (au figuré, littéraire)
Dégrader (Larousse): 3. Avilir quelqu’un, le faire tomber dans un état de déchéance, de dégradation morale ou intellectuelle
2.3 Objectification
‘Objectiver’ : Présenter ou considérer comme un objet [x297]
Alors que la dégradation réduit le soumis, l’objectif final du BDSM dans de nombreuses relations D / s et M / s peut être son objectification car elle élimine tout sens de l’ego et de personnalité propre.
Ce qui est éliminé dépend de ce qui constitue l’élément du sentiment de soi du soumis.
Les sept caractéristiques de l’objectivation sont [x207] :
- 1.
Instrumentalisation : traiter le soumis comme un outil à n’utiliser que dans un seul but,
- 2.
Déni d’autonomie : pour réduire son autodétermination,
- 3.
Rendre inerte : pour réduire son libre arbitre,
- 4.
Fongibilité : le rendre interchangeable avec d’autres objets,
- 5.
Disponibilité absolue : éliminer ses limites,
- 6.
Propriété : le considérer comme étant susceptible d’être acheté ou vendu,
- 7.
Déni de subjectivité : nier la validité ou l’existence des pensées/sentiments de l’objet.
EXEMPLE :Un exemple simple d’objectification est l’objectification sexuelle, qui élimine le libre arbitre des soumis sur leur corps, et les réduit à leur corps ou à des parties de leur corps uniquement destiné à être utilisé. Beaucoup de gens sont extrêmement en conflit avec cela, en particulier les femmes qui pensent que cela va à l’encontre des idéaux féministes d’égalité et d’estime de soi.
Note, les définitions françaises sont:
Objectiver (Petit Robert): Rendre (plus) objectif ; rapporter à un objet.
Objectiver (Larousse): 1. Rapporter à une réalité extérieure
2. Exprimer quelque chose, le réaliser, le définir, lui donner une forme concrête
Objectiver (Académie française): Attribuer une réalité objective à un état subjectif, à une notion abstraite
Autre: (philosophie sociale) l’objectification est le fait de traiter une personne, ou, parfois, un animal, comme un objet ou une chose (exemple: objectification de la femme dans la publicité)
2.4 Processus d’objectification
En raison de sa complexité, il est utile de développer un processus pour attendre l’objectification, par exemple :
Niveau débutant :
Sélectionnez soigneusement [un défaut du soumis] ce qui sera spécifiquement utilisé pour dégrader et objectifier,
Réservez cette activité [le processus d’objectification] à certaines scènes spécifiques, ce qui permet de la maintenir hors de la “vraie vie”, et comme c’est planifié, d’établir des transitions vers et hors de la scène,
Commencez à des niveaux superficiels, en offrant un soutien et une sécurité supplémentaires suffisants, tout en augmentant lentement l’ampleur et l’intensité au fil du temps,
Soyez conscient de ce qui se passe et renseignez-vous sur les pensées, les sentiments et les comportements du soumis pour faire les ajustements nécessaires.
Niveau intermédiaire:
Réduisez le niveau de la source de dégradation, tout en la maintenant pour la personne qui y est soumise.
Compenser cette réduction en montrant :
a). le soumis est aimé MALGRÉ ses défauts perçus,
b). la vulnérabilité du dominant,
c). les défauts du dominant,
d). l’indifférence du dominant – qui ne se soucie ou ne remarque même pas le défaut, donc ce n’est pas un défaut, etc…
Remarque : ces évolutions sont obtenues par compromis, qui peuvent aider ou entraver la dernière étape de l’objectification, elles sont donc difficiles et parfois impossibles avec certains défauts.
Niveau avancé:
Le soumis a besoin de se sentir aimé POUR ses défauts, pas malgré eux, comme tout objet possédé et utilisé, dont aucun n’est parfait, mais qui est aimé parce qu’il est le nôtre.
La valeur de l’objet n’est pas d’être irremplaçable, mais d’être utile, présent et possédé par le dominant,
Le stade ultime est que le soumis accepte qu’il n’a de toute façon pas le choix en la matière et remet au Dominant toute son autonomie, libre-arbitre, sentiments et pensées, limites et ego. A mon avis, c’est un pas sur la route du Non-Soi.
2.5 Coûts et Bénéfices de l’objectification
Éliminer le sens de l’ego et du soi-même est une épée à double tranchant. Tout aspect qui réduit vraiment l’estime de soi peut blesser émotionnellement une personne, même inconsciemment, il faut donc faire très attention pour que ce ne soit pas abusif ou traumatisant.
Dans le même temps, objectifier un soumis, lorsque c’est fait correctement, offre une liberté incroyable que peu connaissent. C’est peut-être le jeu aux limites émotionnel ultime, il y a donc de vrais risques, mais les avantages tirés peuvent être incroyables.
2.6 Bénéfices du Non-Soi
Remarque : je continuerai à développer cette section si le temps le permet ou peut-être en ferai-je son propre article pour une utilisation plus facile.
Il y a des avantages significatifs qui peuvent être tirés de l’objectification, y compris la perte ou la fin de l’ego, la réduction de l’activité DMN, qui est l’endroit où réside le concept de soi, l’acceptation de la souffrance, la diffusion émotionnelle et le Non-Soi, qui sont tous des idées qui se chevauchent empruntées au Bouddhisme, et qui sont prouvés par la science aujourd’hui. Ce n’est pas le seul moyen d’atteindre ces états, mais voici un exemple extrême :
“Se brûler par le feu, c’est prouver que ce que l’on dit est de la plus haute importance. Il n’y a rien de plus douloureux que de se brûler. Dire quelque chose en éprouvant ce genre de douleur, c’est le dire avec le maximum de courage, de franchise, détermination et sincérité.” – Thich Nhat Hanh (dans une lettre au Dr Martin Luther King, Jr expliquant la nature de cette auto-immolation [x331])
L’auto-immolation de Thích Quảng Đức : Le 11 juin 1963, le moine bouddhiste mahayana vietnamien Thích Quảng Đức (Vietnamien : [tʰǐk̟ kʷâːŋ ɗɨ̌k]) sort d’un cortège de moines, s’assoit en position de lotus à une intersection de la route de Saigon, s’asperge d’essence, récite des prières et s’immole par le feu, ce qui s’appelle l’auto-immolation, pour protester contre le gouvernement chinois (?!?) au Sud-Vietnam dirigé par Ngô Đình Diệm, soutenu par les États-Unis. Le plus étonnant dans cette histoire est que, pendant les 10 minutes qu’il lui a fallu pour brûler à mort, il n’a pas crié, ni bougé, ni même bronché une seule fois. Il n’était pas dans un état d’ajournement douloureux, dont je parle dans Subspace & Death, mais plutôt dans l’état bouddhiste du Non-soi.
Anatta : La compétence technique n’est pas suffisante pour parvenir à la paix au milieu de l’auto-immolation. Quang Duc était membre de l’Ordre de l’Inter-être, fondé par le moine érudit Therevadan Thich Nhat Hanh, qui pratique un type de méditation zen qui peut conduire à ressentir la paix et l’absence de douleur même lorsqu’on est brûlé vif. Le but de cette méditation est en fait en grande partie d’atteindre le Non-Soi. L’absence de soi, Anatta (Pali : « non-soi » ou « sans substance », Sanskrit : anatman), ainsi que anicca (l’impermanence de tout être) et dukkha (« souffrance ») sont les caractéristiques de toute existence (ti -lakkhana). Anatta déclare que les humains n’ont pas de moi permanent, de substance sous-jacente que l’on peut appeler l’âme, ni une essence individuelle, mais qu’au contraire, ils ne sont en fait pas séparés du reste du monde et changent constamment. Il existe d’excellentes conférences sur le sujet, mais de nombreux textes bouddhistes anciens déclarent simplement que la prémisse selon laquelle le « soi existe » est fausse. (voir [x332])
De nombreux chemins : Les chercheurs ont montré qu’il existe plusieurs chemins pour atteindre un certain niveau ou quelques éléments de la paix remarquable atteinte dans le Non-Soi, notamment par la méditation de pleine conscience, la mort de l’ego avec le LSD et la psilocybine, et les états de flux actifs. Bien qu’aucun de ces chemins ne montre que l’atténuation de la douleur fonctionne, ce qui inclurait le "subspace," un autre chemin peut passer par l’objectification.
La pratique rend parfait : Ce n’est que dans un environnement où il n’est pas nécessaire de se protéger, c’est-à-dire où l’activité DMN est mise au repos, que la diffusion [dilution ?] émotionnelle et le Non-Soi peuvent être atteints par l’objectification. Mais en pratiquant l’objectification, dans un environnement sûr, on pourrait aussi pratiquer la diffusion émotionnelle et le non-soi. Donc le soumis doit avoir rien, ou peu, à craindre, ce qui signifie que le dominant doit fournir un degré presque incroyable de confiance et de compétence. C’est pourquoi ces niveaux de pratique ne sont pas pour les dominants factices ou incompétents.
3. Approches principales
Les meilleures approches pour faire en sorte qu’un soumis se sente humilié, embarrassé, dégradé ou objectifié, dépendent complètement du soumis, de la relation D/s, de l’environnement et des cas précis. Il s’agit d’un sujet tellement vaste et si diversifié que la meilleure aide pourrait être de catégoriser les approches comme suit :
Mental: Configurer la pensée et les sentiments du soumis de manière à évoquer la réponse souhaitée, de manière à mettre en place le travail de base (par exemple, renforcer la honte d’être un animal de compagnie).
Physique: traiter le soumis d’une certaine manière (par exemple, comme s’il s’agissait d’un animal de compagnie) et/ou le placer dans des positions corporelles particulières (par exemple, s’asseoir sur le sol ou faire pipi dans un coin).
Verbal: appeler délibérément le soumis par des noms qui évoquent la réponse souhaitée (par exemple, bon petit animal de compagnie ou sale chienne).
Dans tous les cas, il est recommandé de :
Sélectionner soigneusement ce qui va être utilisé/fait à la personne et ne le faites que dans des scènes spécifiques où c’est prévu, ce qui permet une séparation de la "vraie vie".
Commencez à des niveaux superficiels en offrant un soutien et une sécurité supplémentaires suffisants tout en augmentant lentement l’ampleur et l’intensité au fil du temps. La clé est d’être conscient des pensées, des sentiments et des comportements du soumis.
Enlevez l’importance de la chose dégradée pendant que la personne est dégradée par celle-ci. Par exemple, un dominant qui implique un soumis est "gros" d’une manière péjorative, puis doit être compensé par quelque chose d’autre, comme a). le soumis sachant qu’il est aimé MALGRÉ le défaut perçu, b). la vulnérabilité des Dominants eux-mêmes, c). que le dominant a aussi des défauts, et d). Que le dominant ne se soucie pas ou même ne remarque pas le défaut, donc ce n’est pas un défaut, etc… ces évolutions sont obtenues par compromis, qui peuvent aider ou entraver la dernière étape de l’objectification, elles sont donc difficiles et parfois impossibles avec certains défauts. Par exemple, la remplaçabilité du soumis doit être contrebalancée par le sentiment du soumis qu’il ne serait VRAIMENT pas remplacé, de sorte qu’il abandonne le contrôle total, y compris en sachant qu’il n’a pas le choix d’être remplacé ou non.
4. Considérations importantes
Compétence: les forces opposées de fascination et de répulsion du masochisme émotionnel et de la dégradation et de l’objectification résident dans le fait que plus ces activités deviennent progressivement intenses, plus la compétence requise est grande et plus le résultat est dramatique. Mais s’il est mal compris et mal dirigé par des dominants factices ou incompétents, les résultats sont souvent abusifs et traumatisants. Même pour les dominants qui sont expérimentés et compétents, c’est un défi.
Confiance: Alors que certains soumis peuvent entrer dans des scènes masochistes émotionnelles avec de nouvelles personnes, la plupart ont besoin d’une forte relation de confiance avec un Dominant pour repousser les limites du masochisme émotionnel. De plus, il est TRÈS RARE que la dégradation et l’objectification réelles se produisent sans une relation D/s saine et continue avec une confiance significative.
Intimité: en plus de la confiance, la plupart des soumis ont besoin d’intimité et de pré-validation pour s’engager dans le masochisme émotionnel, en particulier pour la dégradation et l’objectification. Ce n’est qu’après qu’un soumis se sente en SÉCURITÉ qu’un dominant peut pratiquer le masochisme émotionnel, la dégradation et l’objectification parce qu’au fond le soumis sait qu’il est toujours aimé, chéri, respecté, élevé, etc. La plupart des dominants sautent cette étape car cela prend du temps et un travail acharné, mais sans cela, il en résulte souvent des abus et des blessures. Par conséquent, le dominant est tenu de construire le niveau d’intimité nécessaire, afin que le soumis non seulement se sente en sécurité, mais se sente également aimé, chéri, respecté, élevé, etc… avant de s’engager dans le masochisme émotionnel. Il existe de nombreuses techniques pour établir l’intimité et les liens, y compris l’accent mis sur les points communs, la découverte de soi-même – ce qui signifie que le Dominant devient émotionnellement vulnérable au soumis dans une certaine mesure – et une preuve cohérente de supériorité en tant que forme d’amour et d’attention.
Conflit interne: de nombreuses personnes, en particulier les femmes, sont en conflit avec leur désir ou leur besoin d’être dégradées. On dit aux femmes que parce qu’elles sont intelligentes, éduquées et modernes, elles devraient rechercher "l’égalité" et le "pouvoir". Alors qu’on dit aux hommes qu’être dominant est ce qui leur donne de la valeur. Par conséquent, pour un soumis appréciant l’activité, comme avoir un orgasme provoqué par mon humiliation, cela peut être difficile mentalement de l’accepter. L’essentiel à retenir est que c’est le droit d’une personne de choisir d’être dégradée et objectifiée, et que c’est une personne à l’esprit étroit qui juge les autres pour leurs choix personnels sans blesser les autres, ce qui est à la base de Your Kink Is Not My Kink (YKNMK).
Lien émotionnel : les ressentis peuvent se nourrir les uns des autres, comme la gêne peut se transformer en honte, puis un soumis peut avoir honte d’avoir honte. De plus, des alertes physiques et verbales peuvent être liés à des alertes mentales.
Réactions courantes : les soumis peuvent réagir au masochisme émotionnel ou à l’objectification d’une multitude de façons. Quand c’est bien fait, généralement le soumis finira par se relever et ira de l’avant. Cependant, parfois, ils se fissurent et cela peut devenir explosif. Il est préférable pour un dominant de charger un soumis de quelque chose qu’il sait pouvoir accomplir plutôt que de laisser les scènes émotionnelles se terminer mal, parce que dans ce cas, le soumis aura probablement l’impression d’avoir échoué, peut-être même qu’il a été mis en situation d’échec en ayant un standard impossible [à suivre]. . Si un tel blocage survient, c’est la responsabilité du dominant d’aider le soumis à dépasser ses émotions, à avoir un certain niveau de succès et de récompenser ses efforts.
Effets induits : Parfois, les soumis portent les effets du masochisme émotionnel et de l’objectivation au-delà de la scène ou des limites de la relation D/s jusque dans la vie réelle. Alors que certains d’entre eux peuvent apprécier cela et vouloir en imprégner leur vie, d’autres le trouvent émotionnellement malsain car il peut avoir un impact négatif sur l’image de soi et sur l’estime de soi. Les dominants sont responsables de gérer ces effets de manière appropriée.
Résistance à l’objectivation : les soumis qui hésitent à être objectifiés pour le plaisir du dominant parce qu’ils protègent leur fierté, offrent une opportunité unique de gagner l’assujettissement d’un soumis qui est plus intéressant, et probablement plus authentique, que s’ils cédaient instantanément à l’objectification.
Soins : les dominants ont une responsabilité importante en matière de soins. les soumis ont souvent besoin d’être validés pendant et après des activités émotionnelles masochistes ou d’objectivation afin qu’ils ne finissent pas par se sentir mal à propos d’eux-mêmes ou à propos du dominant qui leur a infligé la douleur.
La plupart des soumis ont besoin de beaucoup plus de soins après des activités masochistes émotionnelles ou de dégradation et d’objectification.
Souvent, il faut leur montrer qu’ils ne sont pas aimés en dépit de leurs défauts apparents ou de leur position inférieure, mais à cause de cela. Ils ont besoin de preuves et souvent cela signifie leur accorder plus d’attention, ou de gratification sexuelle.
Il est souvent nécessaire que le dominant partage ses propres défauts et vulnérabilités pour créer un environnement favorable. La communication continue et les actes de gentillesse et de respect après l’activité sont également essentiels pour montrer que le dominant se soucie, est digne de confiance et embrasse les défauts du soumis.
5. Pourquoi fait-on cela
L’un des défauts du kink (et de la vie) moderne est que peu de gens demandent POURQUOI ils veulent quelque chose, surtout quand c’est spécifique. Il est important de comprendre pourquoi vos défauts sont vos défauts et comprendre que le sadomasochisme émotionnel (EMS) et la dégradation et l’objectivation (DO) ne sont pas différents.
Souvent, les Dominants veulent le pouvoir pour acquérir un sentiment de contrôle sur un monde qu’ils estiment hors de contrôle. Il s’agit souvent d’un mécanisme de survie à un traumatisme de l’enfance. Parfois, il s’agit des styles d’attachement. Par exemple, l’attachement anxieux crée un sentiment de sécurité dans les relations lorsque l’autre personne "vous veut plus que vous la voulez".
Il y a toute une série de raisons pour lesquelles les gens veulent EMS et DO. Le but n’est pas de juger, ala YKNMK, mais d’espérer que tout ce qui est fait les aide à être plus épanouis et satisfaits et à s’améliorer en tant que personnes.
6. Conclusion
Bien qu’il n’y ait de consensus sur aucun de ces termes, il y a quelques points de discussion :
Les tendances masochistes émotionnelles découlent d’un désir d’être tourmenté physiologiquement, généralement soit pour entrer dans un certain espace mental pour le plaisir ou la catharsis, soit pour plaire au dominant,
Souvent, le masochisme émotionnel est la première étape vers l’objectification, car rabaisser un soumis de manière vraiment significative entraînera souvent un certain niveau de douleur émotionnelle,
Mais la dégradation, qui rabaisse le soumis, n’est souvent qu’une étape sur la voie de l’objectification, qui peut être le but ultime du BDSM car elle élimine tout sens de l’ego et du soi-même.
J’espère que tout ceci est utile.
Références
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Original par Master Arden, Just Friends·Jan 10, 2021