Original: https://fetlife.com/users/5413261/posts/5836957 (Master Arden, 21.09.2019)

“Les dangers de la Vie sont infinis
 et la SĂ©curitĂ© en fait partie.” ~ Goethe

De nombreuses communautĂ©s en ligne et locales, y compris les « organisateurs de communautĂ©s », se trompent en prĂ©tendant que le BDSM DOIT ÊTRE 100 % « sĂ»r » avec zĂ©ro risque ou responsabilitĂ© et avec 100 % de « consentement » pour chaque aspect et chaque Ă©lĂ©ment, jusque dans les moindres dĂ©tails et indemne de tout erreur humaine, ce qui non seulement est un attente dĂ©raisonnable, mais encore plus dangereuse que simplement former les gens Ă  gĂ©rer leurs risques.

Ces communautĂ©s modernes de kink font du kink, donc l’accent mis sur ce type de “sĂ©curitĂ©â€ au sein du Kink pourrait leur ĂȘtre adaptĂ©, mais elles ne sont PAS engagĂ©s dans le BDSM authentique, et l’accent mis sur ce type de “sĂ©curitĂ©â€ ne fonctionne pas car le BDSM authentique nĂ©cessite l’existence d’un transfert d’autoritĂ© (AT), ce qui signifie que les vĂ©ritables activitĂ©s et relations BDSM comportent intrinsĂšquement un plus grand risque.

La fausse reprĂ©sentation de la “sĂ©curitĂ©â€ dans le BDSM est similaire aux agences ou applications de rencontres ce qui implique qu’elles “externalisent” le risque de romance oĂč “ce n’est plus cette passion absolue” comme l’affirme Slavoj ĆœiĆŸek [x334]. Et ce faux sentiment de sĂ©curitĂ© est exactement la raison pour laquelle les protocoles de consentement Ă©chouent dans les communautĂ©s kink modernes.

Cet article traite :
- La définition du BDSM
- Le BDSM est intrinsĂšquement risquĂ© en raison du transfert d’autoritĂ© (AT)
- L’histoire de SĂ»r, Sain et Consensuel (SSC)
- La vanillification de SSC et son inefficacité pour le BDSM
- Les protocoles de consentement BDSM : RACK & PRICK

1. Définition(s) du BDSM

Alors que le terme “BDSM”, inventĂ© en 1991, signifie Bondage & Discipline, Dominance & Submission, et Sadisme & Masochisme, 1). ces activitĂ©s existaient depuis longtemps sous diverses formes et sous divers noms depuis les temps anciens, et 2).il n’est pas dĂ©fini simplement par les activitĂ©s Ă©numĂ©rĂ©es dans son acronyme.

La plupart de ce que nous considĂ©rons maintenant comme le BDSM a Ă©tĂ© créé dans les annĂ©es 1940, aprĂšs la Seconde Guerre mondiale, lorsque des clubs de cuir gays, et en particulier des communautĂ©s de sadomasochisme gay (SM), principalement Ă  Los Angeles, San Francisco, Chicago et New York, ont Ă©tĂ© fondĂ©s. Bien sĂ»r, d’autres grandes sources de traditions existent, par exemple les femmes dominantes, sous divers noms, et leurs soumis, pour la plupart masculins, qui avaient acquis une forte influence dans l’Allemagne des annĂ©es 1940 ou Ă  l’époque victorienne Ă  Londres. Et ces traditions avaient progressĂ© au sein de petits groupes discrets et souvent secrets, avec pratiquement aucun dominants mĂąles hĂ©tĂ©rosexuels ni soumises fĂ©minines hĂ©tĂ©rosexuelles, la participation de ces derniers ayant entraĂźnĂ© une Ă©rosion significative de la contre-culture

REMARQUE : Cet article concerne spécifiquement le consentement pour le BDSM authentique, pas nécessairement Kink et certainement pas les jeux de rÎle.

Nous fournissons quelques définitions et discussions dans Role Play & Kink Overview [F068], comme suit :

Jeux de rĂŽle : activitĂ©s et prĂ©fĂ©rences sexuelles, qui peuvent ou non relever du Kink, oĂč les participants jouent un rĂŽle dans une scĂšne de durĂ©e limitĂ©e, gĂ©nĂ©ralement pour rĂ©aliser un fantasme avec des partenaires Ă©gaux Ă  50/50, mais sans AT, oĂč aucun participant n’accorde ou n’accepte de contrĂŽle sur l’activitĂ© ni y assume une fonction autoritaire.

Remarque : un RĂŽle (action) “Un rĂŽle ou un personnage jouĂ© par un acteur ou une actrice”, qui est jouĂ© dans le jeu de rĂŽle N’EST PAS le RĂŽle (fonction) “Fonction propre ou habituelle”, qui est ce que sont les rĂŽles BDSM, comme expliquĂ© dans « Le jeu de scĂšne » n’est pas un « jeu de rĂŽle » [F056].

BDSM : Une sous-catĂ©gorie de Kink avec “des pratiques consensuelles qui impliquent, mais ne sont pas limitĂ©es Ă , la servitude et la discipline (B&D), la domination et la soumission (D&S) et le sadomasochisme (S&M)
 [et] composĂ© d’une dynamique de pouvoir entre les partenaires adoptĂ©s Ă  travers diverses activitĂ©s. [x011] (Gemberling et al., 2015). <== NDT: cette dĂ©finition me semble opportuniste

Le dĂ©terminant principal le plus fondamental de l’activitĂ© et des relations BDSM est ATG [????] , qui est, en pratique, synonyme de BDSM.

Transfert d’autoritĂ© (AT) : Un rĂ©sultat naturel d’un accord BDSM, oĂč un individu dans un rĂŽle dominant assume de maniĂšre consensuelle et volontaire l’autoritĂ© et le contrĂŽle sur un ou plusieurs aspects spĂ©cifiques d’un individu dans un rĂŽle de soumission, qui donne ou cĂšde de maniĂšre consensuelle et volontaire , autoritĂ© et contrĂŽle sur un ou plusieurs aspects spĂ©cifiques au dominant, soit pour un temps prĂ©dĂ©terminĂ©, comme pour une scĂšne, soit indĂ©finiment dans le cadre de leur relation.

REMARQUE : Le jeu de rÎle peut se produire dans le BDSM car tout ce qui contient AT est du BDSM, y compris le jeu de rÎle.

Bien que le jeu de rĂŽle Kink avec des â€œĂ©lĂ©ments BDSM” puisse extrĂȘmement ressembler au BDSM, ce n’est pas du BDSM car il n’y a pas d’AT dans le Kink.

Le problÚme est que, comme les gens ne savent pas faire la distinction entre le jeu de rÎle Kink et le véritable BDSM, ils imposent des normes et des protocoles des jeux de rÎle Kink au BDSM, ce qui effrite le BDSM, qui augmente les abus, les blessures et les mauvais résultats.

AVERTISSEMENT : Kink & Role Play ne sont pas du BDSM [car pas d’AT], par consĂ©quent, les exigences, les normes et les protocoles qui leur sont applicables ne sont gĂ©nĂ©ralement pas transposables. Si cette simple prĂ©misse n’est pas acceptĂ©e ou comprise, alors cet article ne sera ni comprĂ©hensible ni utile.

2. Le BDSM est intrinsĂšquement risquĂ© du fait du Transfert d’AutoritĂ© (AT)

Le BDSM existe lorsque, par le biais d’un accord nĂ©gociĂ©, il y a un transfert d’autoritĂ© entre les parties, crĂ©ant les rĂŽles dominant et soumis.

Étant donnĂ© que le but du BDSM est souvent de maximiser le diffĂ©rentiel de pouvoir entre Dominant et soumis, il y aura toujours un POTENTIEL pour des abus et de l’exploitation. A mon avis, Un bon dominant est celui qui a le maximum de pouvoir possible [sur le soumis] et qui CHOISIT non seulement de ne pas en abuser, mais de l’utiliser dans le meilleur intĂ©rĂȘt de la relation, qui est au cƓur de toutes les relations D/s saines.

La rĂ©duction efficace des risques dans le BDSM Ă©tant obtenue grĂące Ă  l’éducation, et non une sĂ©paration basĂ©e sur l’ñge, la race, le sexe, l’orientation sexuelle ou d’autres facteurs Ă©chappant au contrĂŽle direct de la personne. Bien qu’il y ait beaucoup de choses qui rĂ©duisent les risques, comme avoir des exigences de compĂ©tence, l’évaluation rĂ©elle des intentions de chacun, mener des nĂ©gociations appropriĂ©es, etc
, l’objectif principal de cet article est de balayer les protocoles de consentement, qui Ă©tait principalement le protocole SSC, remplacĂ© par la suite par les protocoles RACK/PRICK.

3. Histoire du moto “Safe, Sane, and Consensual“ (SSC)

En 1980, le Hellfire Club de Chicago a produit une dĂ©claration d’intention utilisant “sĂ»r et sain d’esprit” (avant mĂȘme le bulletin d’information du comitĂ© GMSMA de New York): “. . . pour fournir une Ă©ducation et des opportunitĂ©s de participation au sexe S&M parmi les hommes adultes consentants et favoriser la communication entre ces individus. Le S&M responsable est devenu plus populaire et moins craint dans la communautĂ© gay, et le Chicago Hellfire Club continue de servir sa communautĂ© – s’efforçant toujours d’éduquer et de promouvoir le plaisir sĂ»r et sain des hommes par les hommes.” [x001]

L’influence des mots “sĂ»r” et “sain” proviendrait de “Avoir un 4 juillet sĂ»r et sain”, rĂ©guliĂšrement annoncĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision, dans les journaux, sur les panneaux d’affichage et dans d’autres mĂ©dias chaque annĂ©e aux Etats-Unis. [x002]

A la mĂȘme Ă©poque, de nombreuses communautĂ©s SM homosexuelles locales Ă©taient sous le coup d’énormes accusations de la part de la sociĂ©tĂ© dominante selon lesquelles les activitĂ©s SM Ă©taient “abusives” et “illĂ©gales”. Ainsi, les militants gays S/M de New York, influencĂ©s par l’utilisation de "safe and sane" par le Chicago Hell Fire Club, ont ajoutĂ© le troisiĂšme terme "consensuel" pour crĂ©er l’acronyme de cadre Ă©thique de SSC, ou "Safe Sane Consensual", publiĂ© pour la premiĂšre fois en 1983 dans un bulletin d’information du GMSMA (New York Gay Male S/M Activists) Ă  New York. david stein [x003] lui-mĂȘme a dĂ©clarĂ© “Inferno 10 Ă©tait le premier auquel j’ai assistĂ©, et cela m’a fait une grande impression, donc les mots de Tony [Tony deBlase] ont peut-ĂȘtre suggĂ©rĂ© l’utilisation de “sĂ»r et sain d’esprit” au S/M, et peut-ĂȘtre mĂȘme en association avec « consensuel ». Mais la dĂ©claration d’intention du GMSMA Ă©tait le premier endroit oĂč les trois termes ont Ă©tĂ© appliquĂ©s conjointement au S/M.”

Le comitĂ© de trois membres (Martin Berkenwald, Bob Gillespie et David Stein) n’avait aucune idĂ©e de l’influence qu’il aurait, et a dĂ©clarĂ© Ă  l’origine que SSC n’était vraiment que pour leur communauté : “GMSMA est une organisation Ă  but non lucratif d’hommes homosexuels de la rĂ©gion de New York qui s’intĂ©ressent sĂ©rieusement au S/M sĂ»r, sain d’esprit et consensuel. Notre objectif est de aider Ă  crĂ©er une communautĂ© S/M plus solidaire pour les hommes homosexuels, qu’ils dĂ©sirent un style de vie total ou une aventure occasionnelle, qu’ils fassent leur coming-out dans le S/M ou qu’ils aient une longue expĂ©rience.” – David Stein.

Dans le monde d’aujourd’hui oĂč “tout le monde est kinky”, nous avons oubliĂ© que le terme S/M a ses racines dans la “Psychopathia Sexualis” [x006] de 1890 du psychiatre allemand Richard von Kraft-Ebing, qui a considĂ©rĂ© que les personnes qui pratiquaient le BDSM et les activitĂ©s perverses comme Ă©tant pathologiquement et psychologiquement atteint et sexuellement dĂ©viant.

Ainsi, dĂšs le dĂ©but, les communautĂ©s gays et hĂ©tĂ©ros traditionnelles ont cru que les personnes qui se livraient Ă  des activitĂ©s BDSM Ă©taient des dĂ©viants dangereux avec des problĂšmes mentaux. Comme de nombreux militants homosexuels Ă  l’époque, david stein a fait allusion Ă  des intentions politiques : “Nous cherchons Ă  Ă©tablir une prĂ©sence politique reconnue dans la communautĂ© gay au sens large afin de combattre les stĂ©rĂ©otypes et les idĂ©es fausses dominants sur le S/M tout en travaillant avec d’autres avec l’objectif commun de la libĂ©ration gay.” [x004]

Cependant, de nombreuses organisations homosexuelles SM, en particulier celles de LA, SF, Chicago et NYC, ont fait l’objet d’un examen minutieux et de pressions considĂ©rables de la part de la sociĂ©tĂ© dominante, en particulier avec l’épidĂ©mie de sida / VIH en 1981, qui a culminĂ© Ă  la fin des annĂ©es 1980 et 1990.

Afin de rĂ©duire la responsabilitĂ© juridique, de survivre Ă  ces attaques et de continuer Ă  fonctionner, de nombreux clubs ont mis en Ɠuvre des stratĂ©gies de positionnement marketing et des campagnes ciblant spĂ©cifiquement les gens vanilles pour obtenir le soutien du grand public et, dans de nombreux cas, obtenir une participation plus large.

Le slogan Safe, Sane and Consensual est devenu de maniĂšre Ă©crasante la campagne de marketing la plus populaire aprĂšs avoir Ă©tĂ© utilisĂ© lors de marches sur Washington par les Lesbian and Gay Rights et le S/M-Leather-Fetish Contingent en mars 1987, et encore plus largement en mars 1993. Le slogan a Ă©tĂ© utilisĂ© sur des bulletins d’information, des communiquĂ©s de presse, des T-shirts, des autocollants et mĂȘme sur la banniĂšre de 20 pieds du S / M-Leather-Fetish Contingent, accrochĂ©e la veille Ă  la grande entrĂ©e du bĂątiment du gouvernement sur Constitution Avenue, qui a accueilli la confĂ©rence S/M-Leather-Fetish. Comme david stein a reconnu l’influence de SSC dans de nombreuses dĂ©clarations ultĂ©rieures :

“Des dizaines de milliers – peut-ĂȘtre des centaines de milliers – d’hommes et de femmes kinky partout en AmĂ©rique du Nord et dans le monde, dont beaucoup n’ont aucune idĂ©e de ce que “GMSMA” signifie, connaissent “Safe Sane Consensual” (SSC).“

“Des milliers d’hommes et de femmes de partout aux États-Unis et de nombreux pays Ă©trangers ont vu ces trois mots, se sont identifiĂ©s Ă  eux et les ont introduits dans leurs communautĂ©s locales.“

Par consĂ©quent, alors que “Safe, Sane, and Consensual” (SSC) communiquait toujours comme une norme minimale pour un jeu S / M Ă©thiquement dĂ©fendable, en rĂ©alitĂ©, il est devenu la campagne de marketing la plus efficace de l’histoire du BDSM spĂ©cifiquement utilisĂ©e pour contrer la perception du public selon laquelle le BDSM Ă©tait dangereux, fou et abusif. <== NDT C’est ici qu’il y a un glissement sĂ©mantique S/M —> BDSM

L’une des plus grandes ironies du BDSM est que les clubs SM en cuir gay ont si bien rĂ©ussi Ă  mettre en Ɠuvre des campagnes comme SSC, qui ont abouti Ă  faire accepter le BDSM par les gens “vanille, mais kinky”, que tant de gens vanille se sont impliquĂ©s, mais en fait ils ont simplement co -optĂ© le terme BDSM et ont par la suite modifiĂ© les concepts et les dĂ©finitions des termes en fonction de leurs sensibilitĂ©s “vanille” au lieu d’adopter la contre-culture BDSM. Et cela continue Ă  ce jour.

La réinterprétation de SSC, est un parfait exemple de cette vanillafication.

SSC était efficace et avait un objectif réel :

“Nos rĂ©unions rĂ©guliĂšres et nos autres activitĂ©s tentent de crĂ©er un sentiment de communautĂ© en explorant les sentiments et les prĂ©occupations communs. Nous visons Ă  sensibiliser aux questions de sĂ©curitĂ© et de responsabilitĂ©, Ă  rĂ©tablir les Ă©lĂ©ments de notre tradition et Ă  diffuser les meilleures informations mĂ©dicales et techniques disponibles. sur les pratiques S/M.” – david stein [x004]

Cependant, Ă  partir des annĂ©es 1990, avec l’infiltration de nouveaux venus dans le BDSM, pour la plupart hĂ©tĂ©ros, des organisateurs moins instruits ont modifiĂ© les concepts de SSC en opposition Ă  de nombreuses traditions BDSM.

En fait, l’une des raisons pour lesquelles les questions concernant le risque et le consentement sont devenues si confuses est due aux opinions erronĂ©es qui ont Ă©voluĂ© Ă  partir d’une lente corruption du sens SĂ»r, Sain et Consensuel (SSC) :

SAFE – SÛR (corrompu pour signifier “Sans risque”) : dĂ©signait une activitĂ© BDSM qui pratiquait le “sexe sans risque” (de maladie), mais signifie dĂ©sormais une activitĂ© BDSM “sans risque”, ce qui est pratiquement impossible.

SANE – SAIN (Corrompu pour signifier “Acceptable”) : dĂ©signait une activitĂ© BDSM qui Ă©tait “mentalement saine” (pour Ă©viter d’ĂȘtre attaquĂ©e en justice), mais signifie dĂ©sormais “acceptable par le groupe”, qui est de plus en plus vanille et intolĂ©rant au BDSM/Kink traditionnel, et

CONSENSUAL – CONSENSUEL (Corrompu pour signifier “Consentement”) : dĂ©signait une activitĂ© BDSM qui Ă©tait "acceptĂ©e par les deux parties" (en tant que dĂ©fense lĂ©gale), mais signifie maintenant que tous les participants doivent "approuver toutes les activitĂ©s", aussi minimes soient-elles, mĂȘme celles qui ne sont pas liĂ©es au BDSM, ce qui rend tout nĂ©gociation inefficace.

  • Avec l’apparition de l’épidĂ©mie de SIDA dans les annĂ©es 1980, une initiative majeure a Ă©tĂ© de se prĂ©senter comme Ă©tant “SÛR” contre les maladies.

La communautĂ© BDSM Ă©tait Ă  l’avant-garde des rapports sexuels protĂ©gĂ©s. Le milieu cuir gay (Leathermen) utilisait des prĂ©servatifs, des gants chirurgicaux, des digues dentaires, des techniques appropriĂ©es de biorisque, etc. comme une pratique courante, ce qui a directement influencĂ© le monde traditionnel vanille Ă  penser Ă  se protĂ©ger.

IRONIQUEMENT, les gens “vanille, mais kinky”, ont cooptĂ© le terme “SÛR”, qui faisait spĂ©cifiquement rĂ©fĂ©rence Ă  “SÛR CONTRE LA TRANSMISSION DES MALADIES”, en s’efforçant de lui faire signifier “sans risque”, en particulier « SÛR CONTRE TOUS LES RISQUES DE BLESSURE », ce qui n’est pas possible. Cependant, afin de rĂ©pondre Ă  ce concept vanille de “SÛR”, le BDSM a Ă©tĂ© un peu plus Ă©dulcorĂ©. Les gens doivent ĂȘtre conscients que les activitĂ©s BDSM sont intrinsĂšquement risquĂ©es et que des accidents se produisent.

Par consĂ©quent, “SÛR” fait rĂ©fĂ©rence Ă  « SÛR contre la transmission de maladies », ce qui signifie “relations sexuelles protĂ©gĂ©es”, ET NON “SÛR” contre toute blessure physique et Ă©motionnelle potentielle.

EXEMPLE : La “soumise” la plus rĂ©cente que j’aidais, voulait jouer au couteau, mais voulait avoir l’assurance Ă  100 % que c’était sĂ»r Ă  100 %, ce que sa communautĂ© locale lui avait dit qu’elle devrait demander. J’ai dĂ©clarĂ© que je jouais au couteau depuis plus de 20 ans, que je n’avais pas eu une seule blessure, mais que je ne pourrais jamais assurer Ă  100% Ă  un partenaire que couper quelqu’un avec une machette de 2 pieds Ă©tait Ă  100% Ă  l’abri de tout type de blessure. C’est pourquoi RACK est un bien meilleur protocole que SSC.

  • Étant donnĂ© que, Ă  l’époque, les pratiquants du BDSM pouvaient ĂȘtre internĂ©s contre leur volontĂ© dans un Ă©tablissement psychiatrique parce que les pratiques BDSM Ă©taient rĂ©pertoriĂ©es dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) de l’American Psychiatric Association [x020], une initiative majeure consistait Ă  promouvoir les activitĂ©s BDSM comme Ă©tant mentalement “saines”.

Par consĂ©quent, dire que les praticiens BDSM sont “SAINS”, ce qui signifie qu’ils n’étaient pas “malades mentaux” et Ă©taient “mentalement sains” malgrĂ© la pratique du BDSM, Ă©tait fait pour les empĂȘcher d’ĂȘtre involontairement internĂ©s dans un Ă©tablissement psychiatrique.

IRONIQUEMENT, plus les gens “vanille” sont entrĂ©s dans le monde BDSM, plus ils y Ă©taient impliquĂ©s, plus ils ont Ă©dulcorĂ© les concepts et pratiques fondamentaux du BDSM pour s’adapter Ă  leurs sensibilitĂ©s vanille plus “raisonnables”. En mĂȘme temps, leurs jugements vanilles enfreignaient le BDSM traditionnel.

Maintenant, le sens a changĂ© pour signifier que l’activitĂ© ou les relations BDSM ne sont autorisĂ©es que lorsqu’elles sont acceptables par le groupe. REMARQUE : le BDSM est une contre-culture exactement PARCE QUE c’est inacceptable dans le monde standard et vanille.

EXEMPLE : Les groupes TNG, lancĂ©s pour la premiĂšre fois dans les annĂ©es 1990, encouragent l’ñgisme et dĂ©couragent les relations d’écart d’ñge, ce qui est une caractĂ©ristique des D/s traditionnels pour la raison mĂȘme qu’il n’est pas acceptable dans la sociĂ©tĂ© standard.

  • Les pratiquants du BDSM Ă©taient Ă  l’époque souvent soumis Ă  des consĂ©quences dĂ©sastreuses telles que la perte de leur emploi ou de leur entreprise ou toute une sĂ©rie d’injustices, et beaucoup le sont aujourd’hui dans de nombreuses rĂ©gions du monde.

Plus important encore, cependant, l’activitĂ© BDSM Ă©tait souvent illĂ©gale et les pratiquants pouvaient ĂȘtre emprisonnĂ©s pour des crimes tels que “violence physique”, et “CONSENSUEL” faisait rĂ©fĂ©rence Ă  l’activitĂ© et aux relations BDSM, qui Ă©taient mutuellement convenues spĂ©cifiquement afin d’établir une diffĂ©rence LÉGALE claire des activitĂ©s ” ILLEGALES”, non consensuelles pouvant faire l’objet de poursuites pĂ©nales.

Cette approche a créé une diffĂ©renciation juridique et une distinction Ă©thique claires entre les activitĂ©s BDSM “acceptables” et les activitĂ©s considĂ©rĂ©es comme illĂ©gales, comme les agressions sexuelles ou la violence domestique.

IRONIQUEMENT, les gens de la vanille ont modifiĂ© le sens du mot “CONSENTEMENT”, qui faisait rĂ©fĂ©rence Ă  l’approbation d’une activitĂ© BDSM qui sinon aurait pu ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme illĂ©gale ou comme une agression, pour lui faire signifier qu’une personne doit consentir Ă  tout et n’importe quoi, mĂȘme une activitĂ© non BDSM qui, Ă  dĂ©faut serait une “violation du consentement”.

Par consĂ©quent, l’activitĂ© BDSM, qui est "acceptĂ©e par toute les parties" (en tant que dĂ©fense juridique) signifie dĂ©sormais que tous les participants doivent "approuver toutes les activitĂ©s", aussi minimes soient-elles, mĂȘme celles qui ne sont pas liĂ©es au BDSM, ce qui rend les nĂ©gociations inefficaces et rend le BDSM impossible sans un risque juridique important.

EXEMPLE : Une rĂ©cente diatribe sur Fet d’un organisateur d’un groupe a affirmĂ© que quelqu’un jouant avec son tĂ©lĂ©phone portable pendant un munch Ă©tait une "violation du consentement". Bien qu’il puisse s’agir de vol, de vandalisme, d’une violation de la vie privĂ©e, etc., il ne s’agit pas d’une violation du consentement. Une violation du consentement se produit lorsque la limite stricte explicitement indiquĂ©e par quelqu’un est violĂ©e, soit intentionnellement, ce qui serait un abus, soit involontairement, ce qui serait de la nĂ©gligence. Le fait est que tout ce qui est fait sans le consentement d’une autre personne n’est pas une "violation du consentement".

Rappel sur la dialectique hĂ©gĂ©lienne : « Selon Hegel, toutes choses se dĂ©roulent dans un processus Ă©volutif continu par lequel chaque idĂ©e ou qualitĂ© (la THÈSE) produit inĂ©vitablement son contraire (l’ANTITHÈSE). De cette interaction Ă©merge un troisiĂšme Ă©tat dans lequel les contraires sont intĂ©grĂ©s, surmontĂ©s et accomplis dans une SYNTHÈSE plus riche et plus Ă©levĂ©e. Cette synthĂšse devient alors la base d’un autre processus dialectique d’opposition et de synthĂšse. Hegel croyait que les tensions crĂ©atives des positions opposĂ©es Ă©taient essentielles pour dĂ©velopper des Ă©tats de conscience supĂ©rieurs. Au moment de la synthĂšse, les contraires sont Ă  la fois prĂ©servĂ©s et transcendĂ©s, niĂ©s et accomplis » (Corinne McLaughlin et Gordon Davidson, Spiritual Politics, 1994, p. 88) [x335].

En instillant la peur, ces [nouvelles] communautĂ©s ont fait â€œĂ©voluer” SSC pour englober une perspective vanille sur le risque et le consentement, ce qui pourrait bien fonctionner pour le Kink, mais n’est pas un protocole de consentement efficace pour les scĂšnes BDSM authentiques ou les relations D / s oĂč il y a l’attente de risque rĂ©el et demandent donc de la compĂ©tence.

4. L’apparition d’autres protocoles de consentement

Dans les annĂ©es 1990, alors que de plus en plus de personnes « vanille mais kinky » arrivaient sur la “scĂšne” et que le SSC devenait de moins en moins efficace, les auteurs BDSM, dont Laura Antoniou, Joseph W. Bean, Phil Julian et bien d’autres, ont commencĂ© Ă  critiquer le SSC parce que des protocoles efficaces pour le BDSM Ă©thique, et surtout le consentement, Ă©taient dĂ©sespĂ©rĂ©ment nĂ©cessaires.

À partir du Pluralisme Ethique du Consentement EclairĂ© [x348] dans le BDSM, on a dĂ©veloppĂ© les protocoles "Risk-Aware Consensual Kink" (RACK) et "Personal Responsibility Informed Consensual Kink" (PRICK), qui sont des protocoles de consentement standard valides pour le BDSM aujourd’hui. Bien qu’il ne s’agisse pas de “nouveaux” protocoles, il s’agissait d’une tentative de reformulation des normes de consentement qui fonctionnaient dĂ©jĂ  au sein du BDSM.

  • RACK : En 1999, prĂšs d’une dĂ©cennie aprĂšs que les gens vanille ont commencĂ© Ă  s’impliquer dans le BDSM, un cadre alternatif au SSC appelĂ© Risk-Aware Consensual Kink (RACK) est apparu pour Ă©tablir plus prĂ©cisĂ©ment que si le risque est inhĂ©rent Ă  l’activitĂ© BDSM, les participants ont une responsabilitĂ© individuelle. de prendre conscience de ces risques avant d’y consentir. Cette approche implique Ă©galement que le risque peut ĂȘtre minimisĂ© par l’étude, la formation, la technique et la pratique :

CONNAISSANCE DES RISQUES : Tous les participants partagent la mĂȘme responsabilitĂ© d’ĂȘtre raisonnablement conscients des risques liĂ©s Ă  l’activitĂ© envisagĂ©e,

CONSENSUEL : Tous les participants sont sains d’esprit et doivent donner leur consentement pour participer Ă  l’activitĂ©,

KINK : Tous les participants reconnaissent que l’activitĂ© est classĂ©e comme BDSM/Kink et comporte donc un risque inhĂ©rent,

  • PRICK : D’un autre cĂŽtĂ©, Personal Responsibility Informed Consensual Kink (PRICK) a commencĂ© Ă  ĂȘtre activement utilisĂ© Ă  partir de 2005 pour souligner que les participants sont chacun personnellement responsable de comprendre les risques liĂ©s Ă  une activitĂ© BDSM avant de donner leur consentement. Cela impose clairement le fardeau de s’éduquer, de connaĂźtre les risques et de fournir un consentement clair Ă  chaque participant de maniĂšre Ă©gale plutĂŽt que de confier l’essentiel de la responsabilitĂ© uniquement au type Top/D.

Gary Switch, qui a inventĂ© le terme RACK en tant que “Risk-Aware Consensual Kink“, a prĂ©sentĂ© son raisonnement [x010] :

Lors d’une discussion sur SSC (Safe, Sane and Consensual) sur la liste TES-Friends le 25/11/99, j’ai proposĂ© RACK (Risk-Aware, Consensual Kink) comme alternative. Voici ma motivation :

Rien n’est parfaitement "sĂ»r". Traverser la rue n’est pas parfaitement sĂ»r. N’oubliez pas qu’il s’agit techniquement de “rapports sexuels mieux protĂ©gĂ©s”, et non de “rapports sexuels protĂ©gĂ©s”. Si nous voulons limiter le BDSM Ă  ce qui est sĂ»r, nous ne pouvons rien faire de plus extrĂȘme que de fouetter quelqu’un avec une nouille mouillĂ©e. Les alpinistes ne qualifient pas leur sport de sĂ»r, pour la simple raison qu’il ne l’est pas ; le risque est une partie essentielle du frisson, ils le gĂšrent en identifiant et en minimisant le risque par l’étude, la formation, la technique et la pratique. Je crois que cette approche fonctionnera mieux pour nous, les gens du cuir, que de prĂ©tendre que ce que nous faisons est sĂ»r. Nous voulons favoriser l’idĂ©e que nous dĂ©veloppons une expertise, que pour faire ce que nous faisons correctement, il faut des compĂ©tences dĂ©veloppĂ©es grĂące Ă  un processus similaire d’éducation, de formation et de pratique.

La nĂ©gociation ne peut ĂȘtre valable sans une connaissance prĂ©alable des risques Ă©ventuels liĂ©s Ă  l’activitĂ© nĂ©gociĂ©e. “Conscient des risques” signifie que les deux parties Ă  une nĂ©gociation ont Ă©tudiĂ© les activitĂ©s proposĂ©es, sont informĂ©es des risques encourus et conviennent de la maniĂšre dont elles entendent les gĂ©rer. D’oĂč “conscient des risques” au lieu de “sĂ»r”.

La partie “saine” de SSC est trĂšs subjective. Qui passe l’appel ? [En fonction de celui qui parle ?] La personne A pourrait penser que le fisting est une folie ; les personnes B et C pourraient beaucoup l’apprĂ©cier. “Sane” me rappelle toujours le slogan de campagne de Pat Paulsen dans l’ancienne Ă©mission des Smothers Brothers : “Votez pour Paulsen ; il n’est pas fou !” Si vous continuez Ă  rassurer les gens sur le fait que vous n’ĂȘtes pas fou, ils commenceront Ă  se poser des questions.

J’ai entendu “sain” interprĂ©tĂ© comme : “capable de distinguer le fantasme de la rĂ©alitĂ©â€ et “non ivre”, qui sont tous deux parfaitement valables, bien que ce dernier soit similaire Ă  ce qui prĂ©cĂšde – vous ne vous promenez pas constamment pour rassurer les gens qui vous n’ĂȘtes pas ivre non plus.

Le terme “consensuel” est le point crucial concernant la nĂ©gociation ce qui implique d’ĂȘtre capable de distinguer le fantasme de la rĂ©alitĂ©, ainsi que de gĂ©rer de maniĂšre responsable les facteurs de risque. Si vous ne connaissez pas les facteurs de risque, si vous ne savez pas ce qui se passera dans la rĂ©alitĂ©, alors vous ne savez pas Ă  quoi vous consentez. Une nĂ©gociation significative doit toujours avoir lieu sur la base commune de la rĂ©alitĂ© consensuelle.

La partie “kink” a Ă©tĂ© ajoutĂ©e pour crĂ©er un acronyme accrocheur et parce que SSC ne vous dit pas sur quoi vous devriez ĂȘtre SSC. Une pĂȘche Ă  la truite sĂ»re, saine et consensuelle ? Faire allusion au RACK, un archĂ©type d’instrument de torture, a Ă©tĂ© critiquĂ©, mais pour moi, cela signifie notre transformation de l’atrocitĂ© en extase, et admet que mĂȘme si nous pouvons profiter de certains fantasmes sombres, nous les rĂ©alisons sans danger.

RACK est certes plus conflictuel que SSC. C’est provocant, de la mĂȘme maniĂšre que la communautĂ© LGBT utilise “queer”. RACK nous donne la libertĂ© d’avoir des fantasmes non-Politiquement Correct. Est-ce que beaucoup d’entre nous n’apprĂ©cient pas les fantasmes non consensuels, soit en tant que top ou en tant que bottom ? Nous les apprĂ©cions dans notre littĂ©rature ; nous pouvons trĂšs bien en profiter pendant que nous jouons. Mais nous les exĂ©cutons de maniĂšre responsable et consensuelle.

RACK articule une attitude rĂ©aliste envers le BDSM avec ses risques inhĂ©rents, et suggĂšre que les participants se concentrent sur l’identification des risques afin de fournir un consentement adĂ©quat. Par consĂ©quent, RACK fournit un cadre qui renforce le droit des gens Ă  s’adonner Ă  leur jeu prĂ©fĂ©rĂ©.

Au final, lĂ  oĂč SSC Safe, Sane and Consensual avait une Ă©thique idĂ©aliste et romanesque, RACK adressait la rĂ©alitĂ© du risque, la responsabilitĂ© individuelle et le droit de choisir de prendre des risques. Et c’est pourquoi c’est le protocole prĂ©fĂ©rĂ© [pour le BDSM].

5. Le protocole RACK dans le BDSM

Alors que divers protocoles de consentement, qui correspondent mieux aux idĂ©aux de consentement de la sociĂ©tĂ© dominante, peuvent ĂȘtre parfaitement utiles pour ceux qui s’engagent dans les jeux de rĂŽle et peut-ĂȘtre mĂȘme un certain niveau de Kink, ils ne fonctionnent pas pour le BDSM.

Le SSC, tel qu’il se prĂ©sente aujourd’hui, ainsi que les protocoles de consentement traditionnels, qui sont constamment imposĂ©s aux pratiquant du BDSM, sont absolument inefficaces et Ă©chouent lorsqu’ils sont appliquĂ©s au BDSM, alors mĂȘme s’ils peuvent parfaitement fonctionner pour le jeu de rĂŽle ou le Kink.

Le problĂšme principal est peut ĂȘtre le fait que la grande majoritĂ© des participants n’a pas l’éducation de base pour discerner les diffĂ©rences, les similitudes et les interactions entre les jeux de rĂŽle, le Kink et les activitĂ©s BDSM et leur structure relationnelle et, de ce fait, ne peut pas saisir que diffĂ©rentes exigences, normes et des protocoles sont nĂ©cessaires pour chacun.

Encore de nous jours, dans de nombreuses rĂ©gions du monde, les pratiquants du BDSM peuvent faire face Ă  des poursuites pĂ©nales et Ă  des peines de prison en raison des lois contre le BDSM, ĂȘtre licenciĂ©s de leur travail en raison des prĂ©jugĂ©s et se voir placĂ© involontairement dans un Ă©tablissement psychiatrique parce qu’ils sont considĂ©rĂ©s comme dĂ©viants par la communautĂ© psychiatrique. Par consĂ©quent, les protocoles de consentement sont toujours extrĂȘmement importants.

Comme indiqué dans Consent IS Enough, but Competence Is Required [F066], dans le BDSM, les personnes qui acceptent de maniÚre consensuelle une activité BDSM particuliÚre avec des objectifs et des désirs, des limites et des limites spécifiques, ainsi que des mots de sécurité à utiliser en cas de besoin doivent comprendre que :

  • Les rĂšgles de base du consentement ont toujours Ă©tĂ© que les deux parties dans une nĂ©gociation BDSM sont Ă©gales Ă  50/50, ont le mĂȘme niveau de dĂ©cision et partagent donc la responsabilitĂ© Ă©gale d’ĂȘtre raisonnablement informĂ©es et capables de donner et d’accepter le consentement,

  • Les deux parties doivent consentir Ă  la “scĂšne”, Ă  l’activitĂ© ou Ă  la relation nĂ©gociĂ©e,

  • Pour que le consentement soit valide, les deux parties doivent ĂȘtre capables de donner leur consentement et le consentement doit ĂȘtre‹1). Explicite (non implicite),‹2). Volontaire (sans coercition), et‹3). InformĂ©.

Il est impossible et inefficace d’essayer de donner un consentement affirmatif Ă  100 % pour chaque composant, sous-activitĂ© et sous-limite, car la plupart des jeux sont trop compliquĂ©s pour dĂ©tailler chaque Ă©lĂ©ment. C’est une des raisons pour lesquelles les safewords ont Ă©tĂ© inventĂ©s.

Le BDSM nĂ©cessite un vĂ©ritable AT, ce qui signifie que le consentement n’est pas rĂ©tractable unilatĂ©ralement sans enfreindre l’accord BDSM. De nombreux bottoms s’attendent maintenant Ă  micro-gĂ©rer et Ă  diriger l’activitĂ©, qui est en fait du “Topping par le bas” et n’est pas consensuel ou, plus probablement, est juste un jeu de rĂŽle Kinky oĂč le Top est un top de service, pas un dominant et sans AT, ce qui signifie que ce n’est pas du BDSM.

Des accidents involontaires se produisent. Personne ne peut donner son consentement Ă  100 % pour une erreur dont il ne sait pas qu’elle se produira. Et bien que les erreurs involontaires soient terribles et doivent ĂȘtre Ă©vitĂ©es grĂące Ă  des normes et une formation rigoureuses, elles ne sont pas vraiment des violations du consentement.

Les mots de sĂ©curitĂ© permettent d’éviter que des limites explicites ne soient franchies ou que des erreurs ne se reproduisent au cours d’une scĂšne, mais n’éliminent pas les risques ou les accidents. RĂ©cemment, j’ai vu un top et une bottom se mettre d’accord sur un jeu d’impact avec des limites et des mots de sĂ©curitĂ© spĂ©cifiques. Cependant, la bottom n’avait pas indiquĂ© qu’elle ne voulait pas qu’un outil spĂ©cifique soit utilisĂ©, et n’a pas utilisĂ© son mot de sĂ©curitĂ© lorsque celui-ci a Ă©tĂ© utilisĂ©. Mais aprĂšs la scĂšne, elle s’est plainte Ă  l’organisateur, dĂ©butant, qui a alors banni le Top pour violation du consentement. Ceci n’est pas une violation du consentement dans le BDSM.

Le consentement dans le BDSM n’est pas la mĂȘme chose que le consentement vanille, c’est un TERME LÉGAL, pas un terme social, autorisant une activitĂ© physique sur le corps d’une personne. Ainsi, le jeu d’impact n’est pas considĂ©rĂ© comme une attaque (une frappe ?) lorsqu’il est consensuel. RĂ©cemment, un organisateur d’une communautĂ© a dĂ©clarĂ© qu’une personne jouant avec son tĂ©lĂ©phone portable sans son approbation constituait une violation de son consentement. Un autre article sur K&P a dĂ©clarĂ© que se masturber devant des images publiques sans approbation est une violation du consentement.

Pour que les problĂšmes de consentement BDSM soient moins dĂ©routants, les gens doivent prĂ©server les perspectives BDSM qui s’alignent sur RACK/PRICK :

Les jeux de rĂŽle ne sont pas du BDSM : Alors que ce que la plupart des gens font en ligne ou dans les communautĂ©s locales dĂ©coule directement du BDSM, il s’agit en fait de jeux de rĂŽle avec des Ă©lĂ©ments BDSM, pas du BDSM, car il manque l’AT. Les gens doivent savoir que si s’engager dans un jeu de rĂŽle est acceptable, le BDSM est Ă©galement parfaitement acceptable, mĂȘme s’il est fondamentalement diffĂ©rent. Il ne s’agit pas de hiĂ©rarchie ou d’avantage sociaux, mais plutĂŽt de l’acceptation de toutes les activitĂ©s et prĂ©fĂ©rences sexuelles et relationnelles, que ce soit ce qui relĂšve du domaine du jeu de rĂŽle, du Kink ou du BDSM. Avec cette acceptation prĂ©alable, des discussions concernant les protocoles de consentement appropriĂ©s peuvent alors avoir lieu.

NĂ©gociations et consentement Ă©clairé : Comme l’a dĂ©clarĂ© Gary Switch, “la nĂ©gociation ne peut ĂȘtre valable sans une connaissance prĂ©alable des risques possibles liĂ©s Ă  l’activitĂ© en cours de nĂ©gociation” et “Une nĂ©gociation significative doit toujours avoir lieu sur la base commune de la rĂ©alitĂ© consensuelle" [x009] Cette base commune est la raison pour laquelle tous les participants doivent prendre leur responsabilitĂ© de prendre le temps et de founrir les efforts nĂ©cessaires pour devenir suffisamment informĂ©s pour donner un consentement Ă©clairĂ©, plutĂŽt que de sauter dans l’activitĂ© envisagĂ©e sans Ă©ducation appropriĂ©e et en s’attendant Ă  ce que l’autre partie en assume toute la responsabilitĂ©.

Promouvoir la compĂ©tence au-dessus de l’inclusion : Le fait est que l’érosion constante des normes et des exigences BDSM dans le but d’élargir l’inclusion est exactement ce qui entraĂźne une augmentation des abus, des blessures et des rĂ©sultats nĂ©gatifs. Afin d’inverser cette tendance, la compĂ©tence doit ĂȘtre promue au-dessus de l’inclusion. Comme l’a dĂ©clarĂ© Gary Switch “Nous voulons favoriser l’idĂ©e que nous dĂ©veloppons une expertise, que pour faire correctement ce que nous faisons, il faut des compĂ©tences dĂ©veloppĂ©es grĂące Ă  un processus similaire d’éducation, de formation et de pratique ». [x009]

Adopter la diversitĂ© et le risque. Les communautĂ©s et les Ă©vĂ©nements BDSM doivent adopter la diversitĂ© RÉELLE et risquer la positivitĂ© plutĂŽt que de “rejeter” les personnes et les activitĂ©s qui ne correspondent pas Ă  ce avec quoi elles sont d’accord. Une façon de faire est de s’éloigner des modĂšles qui impliquent que le BDSM peut ĂȘtre fait avec 100% sans risque et 100% de consentement, comme “Safe, Sane, and Consensual” (SSC) pour se rapprocher de ceux qui autorisent le risque, comme “Risk -Kink consensuel conscient” (RACK). Comme l’a dĂ©clarĂ© Gary Switch “Si nous voulons limiter le BDSM Ă  ce qui est sĂ»r, nous ne pouvons rien faire de plus extrĂȘme que de fouetter quelqu’un avec une nouille mouillĂ©e.” [x009]

Enfin, si les communautĂ©s locales veulent rĂ©ellement l’inclusion, elles doivent cesser de se faire d’elles-mĂȘme des groupes inclusifs remplis de drames, de nĂ©potisme et de postures sociales de cours d’école, qui sont devenus la marque des communautĂ©s locales modernes. Cela va Ă  l’encontre de YKNMK et aucune vĂ©ritable personne BDSM ne veut faire avec cela. Au lieu de cela, elles doivent inclure toutes les personnes compĂ©tentes possibles, et la plupart de ces personnes seront traditionnelles.

Conclusion

Comme de nombreux concepts BDSM, “Safe, Sane, and Consensual” (SSC) Ă©tait autrefois efficace, mais ne l’est plus de nos jours car sa signification rĂ©interprĂ©tĂ©e est antinomique du BDSM. Pour la majoritĂ© des pratiquants BDSM expĂ©rimentĂ©s, la signification modifiĂ©e de SSC le rend totalement inefficace car :

  • “SÛR” devenu “SANS RISQUE” implique que le BDSM peut ĂȘtre fait en toute sĂ©curitĂ©, c’est-Ă -dire sans aucun risque alors que le risque est inhĂ©rent Ă  l’activitĂ© BDSM,

  • “SAIN” devenu “ACCEPTABLE” limite l’activitĂ© et les relations BDSM dans le cadre d’un comportement socialement acceptable, et de ce fait sape le BDSM, qui est intrinsĂšquement inacceptable par la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral,

  • “CONSENSUEL” devenu “CONSENTEMENT” enseigne que le consentement explicite ne suffit pas et que chaque sous-composant de chaque activitĂ© doit ĂȘtre consenti et mĂȘme que cela peut ĂȘtre rĂ©tractĂ© Ă  tout moment sans enfreindre l’accord BDSM, ce qui
    a). Place dĂ©raisonnablement toute la responsabilitĂ© et la responsabilitĂ© lĂ©gale sur le dominant, ou le rĂŽle de type D, y compris la responsabilitĂ© individuelle de s’informer, tout en supprimant retire presque toute la responsabilitĂ© du rĂŽle de soumis, ou de type s, et
    b). Sape la dynamique AT au point que les soumis ne transfĂšrent jamais vĂ©ritablement le pouvoir, ne donnent jamais rĂ©ellement leur consentement, mĂȘme lorsqu’ils sont explicitement indiquĂ©s, et font simplement un jeu de rĂŽle Kink ou “Top from the bottom”, qui est discutĂ© dans les soumis qui sont en fait des dominants .

Heureusement, le Pluralisme Ethique du Consentement EclairĂ© dans le BDSM signifie qu’il peut exister plusieurs mĂ©thodes valides de consentement, pas seulement SSC ou tout ce qui se passe dans le monde vanille.

“Risk-Aware Consensual Kink” (RACK) et “Personal Responsibility Informed Consensual Kink” (PRICK) sont les protocoles de consentement valides et prĂ©fĂ©rĂ©s pour le BDSM, car ils aident Ă  dissiper une certaine confusion et Ă  rééquilibrer les nĂ©gociations en mettant l’accent sur la responsabilitĂ© personnelle individuelle de chacun de donner son consentement explicite Ă  participer. dans les activitĂ©s BDSM seulement aprĂšs s’ĂȘtre renseignĂ© sur les risques.


Références

[x001] Chicago Hellfire Club’s Inferno 10 (1981), states purpose in the unsigned essay by Tony DeBlase.

[x002] New York Gay S/M Committee newsletter regrading Safe, Sane, Consensual code (1983).”Every year while i was growing up, i heard that phrase (“Have a safe and sane Fourth of July”) on TV, or saw it in the newspapers and on billboards, and it stuck.”

[x003] The original 1983 GMSMA newsletter. 1983.

[x004] Emphasis my own. August 1983 report of that Gay Male S/M Activists committee; reproduced in david stein Safe, Sane and Consensual: The Making of a Shibboleth

‹[x005] THE HISTORY OF SSC (SAFE SANE CONSENSUAL) VS RACK (RISK-AWARE CONSENSUAL KINK). FEBRUARY 08, 2018. HistoryoftheDominatrix.com.

‹[x006] . Richard von Kraft-Ebing (1890) Neue Forschungen auf dem Gebiet der Psychopathia sexualis; translated in English as New Research in the Area of Psychopathology of Sex (“Psychopathia Sexualis »).

[x009] Gary Switch (c 2009) Rack Essay and Interview posted by author as Fetlife post: https://fetlife.com/users/53355/posts/25734 (Viewable only by Fetlife members)

[x010] Gary Switch, Contributing Editor, Prometheus magazine, GarySwitch@aol.com

Original par Master Arden, Sep 21, 2019